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Reggio Emilia

Autore: Cinzia Pierantonelli
Lingue: Francese
Traduit de l'italien par Amélie Ragot.
Le plaisir que l’on prend à visiter une ville est très souvent lié au sens artistique que celle-ci dégage, entre histoire et créativité, entre tradition et beauté. Pour la ville de Reggio Emilia, le centre vivant de l’Emilie Romagne, célèbre dans le monde entier pour son haut niveau de qualité de vie, cette idée est particulièrement vraie, puisqu’au coeur de son patrimoine artistique se détache cet art dit culinaire qui apaise et réconcilie. Ici, au premier abord, tout semble tourner autour de la cuisine. On s’y délecte de formes gigantesques de parmesan, de vinaigres balsamiques, d’erbazzoni, de tortello au potiron, de coppa, de lonza et de culatello. Rien n’y manque, pas même le bon vin, par exemple le Lambrusco pétillant ou le vin blanc de Scandiano. Les habitants de Reggio tirent de leur territoire des saveurs vraies. Ils sont traditionnellement attachés à leur terre, qu’ils préservent en transmettant ses us gastronomiques, mais surtout l’inclination authentique d’un peuple fortement engagé et combatif, protagoniste d’événements mémorables. Le Musée du Tricolore (www.tricolore.it), hébergé dans le Palais Communal du XVI siècle sur la place Prampolini, commémore l’une de ces périodes où Reggio se posa en véritable acteur de l’histoire. En 1797 fut proclamée la République Cispadane dans la Salle qui renfermait les archives communales, et l’on hissa l’étendard vert, blanc et rouge, qui devint par la suite en 1848 le drapeau national, symbole de liberté et de l’union du pays. Mais l’on peut également visiter à Reggio un musée singulier, qui marque un passage plus récent fait de traditions rurales et de luttes acharnées contre un pouvoir injuste et cruel. Il s’agit du Musée des Frères Cervi, la famille de paysans exterminée par le régime fasciste, qui se trouve dans le hameau de Gattatico, non loin de l’agglomération (www.fratellicervi.it). Sept frères Cervi furent emprisonnés lors de l’époque fasciste, puis fusillés sans pitié, d’une seule salve, parce qu’ils étaient activistes dans le mouvement partisan. Le musée rassemble les documents relatifs à de nombreuses années de lutte politique, mais également aux innovations apportées au secteur agricole, à l’origine du progrès technologique partisan du bien-être économique qui réverbère sur ces lieux. Dans les salles du musées figurent de multiples témoignages provenant de nombreux individus, intellectuels ou autres, qui laissèrent leur contribution dans la demeure des Cervi, aujourd’hui transformée en musée. Maria Cervi, la fille d’Antenore, l’un des frères abattus, est à présent active dans la Fondation Cervi. Elle lit, émue, des vers du poème laissé par Quasimodo : « …j’écris ceci aux frères Cervi/ils n’avaient que peu de livres dans le coeur/ils moururent en silence, tirant des flèches de l’amour/ils ne connaissaient aucun soldat philosophe, aucun poète de cet humanisme de souche paysanne… », des passages essentiels qui font de cette petite ville un pôle d’intérêt culturel à l’échelle internationale. Celle-ci regorge de manifestations de haut niveau artistique (www.municipio.re.it/IAT/), telles que le « REC », une démonstration de musique, de ballet, de prose et de peinture, ou les Concours Masini pour chanteurs lyriques et Borciani pour quatuor à cordes. Les prochains rendez-vous sont fixés avec La Sagra della Giareda en Septembre et la fête de San Prospero en Novembre. Autant de suggestions et saveurs à ne manquer sous aucun prétexte !
Cinzia Pierantonelli
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