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Berlin, une ville qui change

Autore: Cinzia Pierantonelli
Lingue: Francese
Traduit de l'italien par Amélie Ragot

Après 1989, les Berlinois entreprirent d’un commun accord de reconstruire leur ville. Les institutions avaient émis le vœu de voir ériger une capitale rayonnante, et ont fait de leur souhait une réalité. Un exemple éclatant de cette réussite en a été l’imposante Place de Potsdam. (01/10/2004) En 1999, Berlin fut déclarée le plus grand chantier d’Europe. Des immigrés venus de nombreux pays de l’Est, entre autres, contribuèrent avec leur talent et leur force de travail, à faire revivre les splendeurs d’une ville qui, pendant plus de 40 ans, s’était scindée, formant deux moitiés de caractère et de personnalité diamétralement opposés. D’un côté se trouvait le Berlin transgressif et favorable à la jeunesse. En effet, de nombreux jeunes s’y réfugiaient afin d’éviter le service militaire, et de jeunes soldats des secteurs d’occupations, Français, Anglais et Américains, y avaient élu domicile. Nous parlons du Berlin qui ne dormait jamais, cosmopolite, de celui qui, moqueur, affichait ses possibilités infinies de consommation et faisait preuve de provocation. C’est dans ce Berlin qu’on taguait le « mur » parce que rien n’empêchait de l’approcher, et qu’à l’occasion, on se hissait sur un perchoir du haut duquel l’on observait la vie de l’autre côté, pour éprouver quelque peu de compassion envers autrui. Lors d’une exposition temporaire de sculptures modernes qui fut un jour tenue dans le Palais du Reichstag, non loin de la Porte de Brandenbourg, une œuvre fut placée sur le rebord d’une fenêtre donnant sur la partie Est. Tous devaient voir de quoi étaient capables les Berlinois qui pouvaient se permettre de s’exprimer sans faire l’objet d’aucune censure, et de se dépasser en exhibant des édifices comme symboles de liberté. L’un d’eux fut la maison d’édition d’Axel Springer, fondée en 1966 dans la Kochstrasse, aux confins du mur et non loin d’un des musées les plus propagandistes de l’Ouest , le Check Point Charlie. Celui-ci n’est pas sans rappeler des cas plus ou moins désespérés de fuite pour échapper à l’oppression des communistes, comme en témoignent dans les détails  de nombreux documents. Puis il y avait l’Est. Les couleurs du Berlin royal-socialiste se font écho aujourd’hui dans quelques scènes de films récents commémorant cette époque, tels Goodbye Lenin ou Sonnenallee. Ces films dépeignent la grisaille, la désolation, la mélancolie et de manière générale la tristesse, même lorsque des parades triomphales prétendaient réchauffer l’ambiance à renfort de drapeaux trop uniformes. A quelques occasions, la pompe et l’apparat étaient de mise, mais essentiellement dans le cadre exceptionnel de parades nationales. Après 1989, les Berlinois, animés par le même esprit d’après guerre, entreprirent d’un commun accord de reconstruire leur ville. Les institutions avaient émis le vœu de voir ériger une capitale rayonnante, et ont fait de leur souhait une réalité. Un exemple éclatant de cette réussite en a été l’imposante Place de Potsdam. Les Ossis, autrement dit les Berlinois de la partie Est, se retroussèrent les manches afin de récupérer ce large patrimoine immobilier qui partait en ruine, tant et si bien qu’après une décennie, certaines zones de l’Est, comme la Kollwitzplatz, sont devenus des quartiers de résidence convoités, élégants et bien desservis par les commerces. L’on y trouvait des magasins divers - de la librairie érotique Lustwandel, dans la Raumerstraße (Prenzlauet Berg), au magasin d’articles de plage Strandbad, en passant par le marché de produits biologiques qui se tenait tous les samedis matin – ainsi qu’une vie nocturne excitante pour chacun à tout âge.
Cinzia Pierantonelli
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