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La huitième merveille du monde

Autore: Cinzia Pierantonelli
Lingue: Francese
Traduit de l'italien par Amélie Ragot.
Ce ne fut qu’en 1974 que l’on découvrit par hasard un monument spectaculaire enfoui au plus profond du sol à Lintong, en Chine, aux confins du mausolée de l’Empereur Shi Huangdi, premier Empereur de la dynastie Qin en place entre 221 et 206 avant J.C. Ce site archéologique, inscrit en 1987 au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, put être localisé à la faveur d’un paysan, qui avait entrepris d’y creuser un puits dans le sol. Des milliers de statues en terre cuite constituant une formation militaire de plus de 5000 spécimens, furent ainsi extraites du sol. Quelle émotion ne put manquer de saisir les archéologues lorsqu’ils se retrouvèrent face à une formation militaire aussi imposante qu’inoffensive, en présence de la pensée ostensible de quelques grands personnages de l’Histoire, et purent constater avec quel dévouement chacune de ces œuvres d’art, grande ou petite, certaines atteignant une hauteur de deux mètres, fut réalisée selon la tradition artisanale plus de deux mille ans auparavant. Cette armée, que le souverain avait conçue en préparation de sa vie dans l’au-delà, devait en réalité comprendre plus de 7000 guerriers alignés sur les lignes du régime, portant à la main les armes pillées petit à petit aux paysans réduits à la famine, afin de défendre le palais royal, et disposés à l’intérieur de trois structures gigantesques enfouies sous terre. 38 années furent nécessaires afin de sculpter et peindre les statues, chars et animaux. Cependant, à la mort de l’empereur Qin Shihuang, un homme ambitieux qui parvint à faire beaucoup pour la Chine Antique en l’unifiant après la longue période des «Etats Combattants», le projet n’avait pas complètement abouti. L’Empire, en battant et soumettant six états, centralisant ainsi le système de gouvernement supporté par une bureaucratie efficace, concrétisa la standardisation des caractères chinois, imposa ses règles et prit le contrôle de l’organisation agricole et monétaire. Sur la volonté du souverain, un projet titanesque vit le jour, qui devint la Grande Muraille. Des barrières construites le long des frontières furent érigées, renforçant ainsi les moyens de défense contre les attaques des ennemis. L’on peut alors se demander pourquoi, après avoir fait autant pour la prospérité du régime, le puissant Empereur Qin Shi ressentit le besoin de se protéger une fois passée la frontière du monde des mortels. Peut-être parce que dans sa manière de mener les affaires d’Etat, de nombreuses actions bien moins glorieuses se glissèrent parmi les nombreux honneurs qui lui furent attribués, telles que la persécution des partisans de Confucius, jugés comme conspirateurs contre le gouvernement et la Cour. Certains des prêcheurs furent brûlés vifs et de nombreux témoignages écrits de la main de philosophes furent détruits. Les impôts furent augmentés de manière démesurée afin de pourvoir aux efforts financiers nécessaires à la réalisation du mausolée monumental de l’Empereur et les sujets qui participaient aux travaux de construction furent mis aux travaux forcés. La Dynastie, qui aurait dû perdurer pendant des siècles, s’est en réalité éteinte avec Qin Shi et à la fin de son règne, la première révolte nationale paysanne de l’histoire de la Chine fut soulevée. Toutefois, le premier Empereur arriva à ses fins avec ce projet clairvoyant, à l’honneur de la vérité. Le déploiement de cette force militaire en terre cuite l’a protégé jusqu’à ce jour puisque nul n’est encore parvenu à pénétrer à l’intérieur du mausolée, conservé sous un tombeau pyramidal à base carrée. En réalité, les guides expliquent qu’il n’existe aucun moyen technique susceptible de mener à bien les fouilles archéologiques, et que les moyens financiers ne sont peut être pas suffisants, au vu des centaines de statues qui attendent toujours d’être déterrées et restaurées.
Cinzia Pierantonelli
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